Vous vous sentez en bonne santé, mais un cancer dans la famille ou un ancien résultat d’examen vous fait vous demander si votre suivi devrait être différent. C’est à cette situation que répond la prévention personnalisée : prendre en compte un risque augmenté, avant qu’une maladie soit diagnostiquée.
À Dijon, le Centre Georges-François Leclerc (CGFL) déploie en octobre Interception, le programme conçu par Gustave Roussy. Son calendrier annoncé prévoit un parcours « Sein non génétique » à partir du 5 octobre et un parcours Poumon à partir du 19 octobre. Derrière ces intitulés, une distinction compte : avoir davantage de risque n’est pas être malade. [1]
Un risque parle de l’avenir, un diagnostic recherche une maladie
Le risque exprime une probabilité de développer un cancer. Lorsqu’il est augmenté, certains éléments de votre histoire justifient une attention particulière. Cela ne dit pas qu’un cancer est déjà présent, ni qu’il apparaîtra forcément.
Le diagnostic répond à une autre question : y a-t-il une maladie, et laquelle ? Il repose sur un bilan médical, avec les examens nécessaires selon la situation. Un questionnaire de risque ne remplace pas ce bilan. On peut donc avoir besoin d’une prévention plus attentive tout en n’ayant aucun cancer diagnostiqué.
Cette différence change la manière de lire un résultat. Le mot « augmenté » n’est pas une annonce de maladie. Il invite à discuter de ce qui mérite un suivi adapté, plutôt qu’à essayer de deviner seul ce qui arrivera.
Un cancer dans la famille ne signifie pas forcément une prédisposition génétique identifiée
L’hérédité est une des raisons possibles d’un risque accru, mais pas la seule. Gustave Roussy distingue les prédispositions génétiques, les antécédents familiaux, certaines lésions précancéreuses et les expositions à des substances toxiques, notamment le tabac. Ces facteurs peuvent se combiner et sont évalués avec le médecin. [2]
Une prédisposition héréditaire correspond à une particularité génétique qui augmente le risque de certains cancers. Quand cette question se pose, une consultation d’oncogénétique, consacrée aux liens entre génétique et cancer, peut aider à préciser le risque et la surveillance.
Mais une histoire familiale importante peut aussi être prise en compte sans mutation identifiée. Dans son parcours Sein à risque non génétique, Gustave Roussy cite ainsi les antécédents familiaux significatifs, une densité mammaire élevée ou des lésions mammaires atypiques. « Non génétique » ne veut donc pas dire « aucun risque », ni « les cancers de ma famille ne comptent pas ».
À Dijon, c’est ce parcours Sein non génétique qui figure dans le premier calendrier du CGFL. Les autres parcours décrits par Gustave Roussy, dont ceux consacrés aux prédispositions héréditaires, ne sont pas tous annoncés au centre dijonnais.

Ce que le score peut apporter, et ce qu’il ne décide pas
Un questionnaire permet de rassembler des informations qui resteraient parfois dispersées : les antécédents, les expositions, les résultats déjà connus. Le score qui en découle aide à repérer les situations pouvant relever d’une prévention personnalisée. Il sert à orienter l’évaluation, pas à poser un diagnostic.
Le CGFL propose de remplir le formulaire Scorisk avec son médecin généraliste ou soi-même. Lorsque les critères sont remplis et en cas de doute, une téléconsultation avec un médecin référent permet notamment de vérifier l’éligibilité et d’expliquer le programme. Remplir le questionnaire et être admis dans un parcours restent donc deux moments différents. [1]
Vous n’avez pas à choisir des examens à partir du score seul. L’échange médical permet de comprendre quels éléments comptent dans votre situation et quelle suite leur donner. Pour préparer la conversation, vous pouvez noter trois questions :
- Quels facteurs expliquent mon niveau de risque ?
- Quelle surveillance est adaptée à mon histoire ?
- Qui dois-je recontacter si ma situation change ?
La prévention personnalisée donne une suite à l’évaluation
L’intérêt du parcours est de ne pas en rester à un résultat. Au CGFL, la journée prévue associe des ateliers, notamment sur l’activité physique et la nutrition, puis des consultations individuelles. Avant le départ, un entretien avec une infirmière finalise un Plan Personnalisé de Prévention, qui rassemble les recommandations et les actions adaptées aux facteurs de risque. [1]
Les examens dépendent du parcours et du profil, ils ne constituent pas un bilan identique pour tous. À Gustave Roussy, le plan de prévention et de suivi se construit avec le médecin traitant et fait l’objet de réévaluations. La prévention prend ainsi une place dans la durée, avec des interlocuteurs et des priorités à reprendre au fil du suivi.
Parler d’un risque peut aussi soulever des inquiétudes très concrètes : faut-il multiplier les contrôles, changer une habitude, revoir le médecin plus souvent ? Ces questions méritent une réponse adaptée à votre histoire. Si un symptôme vous inquiète, signalez-le au médecin plutôt que d’attendre une journée de prévention : chercher sa cause relève d’une évaluation médicale, pas du seul questionnaire de risque.
Pour commencer, vous pouvez rassembler les comptes rendus dont vous disposez et noter les cancers connus dans votre famille, puis en parler à votre médecin. Le but n’est pas de vous attribuer une étiquette de futur malade, mais de comprendre ce qui justifie un suivi différent et de construire une prévention qui corresponde à votre situation.







