Des traitements insecticides avaient été appliqués. Pourtant, lors du contrôle du 8 octobre 2026, l’inspecteur sanitaire a trouvé des blattes vivantes dans les locaux de préparation, les réserves et la salle du Buffalo Grill de Châteaufarine, à Besançon. Le préfet du Doubs a ordonné la fermeture administrative de ce restaurant. L’arrêté prend effet à sa notification, et non simplement à la date portée sur le document. [1]
Ce qui a déclenché la décision n’est pas seulement la présence d’insectes. Le contrôle décrit plusieurs protections contre la contamination qui ne remplissaient plus leur rôle : l’état des locaux, la propreté du matériel et les pratiques du personnel. L’enjeu est de remettre cette chaîne en état de fonctionner, puis de le faire constater sur place.
Un traitement réalisé, mais des nuisibles toujours présents
Dans l’arrêté, les deux faits figurent ensemble : des insecticides ont été appliqués, et des blattes vivantes sont encore observées dans plusieurs espaces. L’administration y voit une prévention inadaptée contre les organismes nuisibles. L’intervention contre les insectes n’a donc pas suffi à maîtriser leur présence au moment de l’inspection.
Le texte explique le danger : ces insectes peuvent véhiculer des germes pathogènes et favoriser la contamination des denrées. Il situe les blattes dans les locaux de préparation des plats cuisinés, pas dans les plats eux-mêmes. Il ne nomme aucun germe identifié chez des clients et ne décrit pas une série d’intoxications. La fermeture répond au risque sanitaire constaté dans l’établissement. [1]
Des locaux, du matériel et des pratiques à remettre en cohérence
La maîtrise sanitaire consiste à empêcher les dangers d’atteindre les aliments au fil de leur préparation. Ici, l’arrêté relève des défaillances à plusieurs endroits de ce parcours :
- Les locaux : des revêtements souillés et des espaces difficiles à nettoyer et à désinfecter, où les aliments sont manipulés.
- Le matériel : des ustensiles et des équipements sales et souillés, susceptibles de contaminer les denrées.
- Les pratiques : une absence de connaissances des bonnes pratiques d’hygiène relevée chez le personnel manipulant les aliments, ainsi que des procédures de maîtrise des risques non appliquées.
Ces constats se renforcent : un matériel sale remet en contact les aliments avec une source de contamination, tandis qu’un local difficile à entretenir complique le nettoyage. Des consignes ne protègent pas les repas si elles ne sont pas mises en pratique. Éliminer les blattes ne corrigerait donc pas, à lui seul, tous les manquements décrits.

Quand le contrôle public conduit à interrompre l’activité
Le contrôle a été réalisé par un inspecteur de la direction départementale chargée, notamment, de la protection des populations : la DDETSPP du Doubs. Ce service contrôle la sécurité sanitaire des aliments. Le préfet utilise ensuite une mesure de police administrative pour mettre un terme aux dangers jugés graves et imminents. Dans ce cas, il ordonne la fermeture, applicable dès notification. [1]
Les résultats des contrôles alimentaires sont aussi rendus accessibles au public par Alim’confiance. Le ministère de l’Agriculture distingue quatre niveaux d’hygiène : très satisfaisant, satisfaisant, à améliorer et à corriger de manière urgente. Les suites ne sont pas les mêmes : un rappel réglementaire, une mise en demeure avec délai et nouveau contrôle, ou une fermeture ou une autre suspension selon les non-conformités. [2]
Ce dispositif permet de comprendre pourquoi un contrôle peut entraîner autre chose qu’une demande de nettoyage. Le niveau « à corriger de manière urgente » concerne des non-conformités susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs. Pour le restaurant de Besançon, c’est l’arrêté qui établit la décision de fermeture et ses motifs ; ces niveaux généraux ne constituent pas ici une note attribuée à l’établissement.
La réouverture dépend d’un constat sur place, pas d’un délai annoncé
L’article 2 fixe la condition de levée de la fermeture : les services de la DDETSPP doivent constater sur place la réalisation des prescriptions et travaux annexés à l’arrêté. Ni une intervention antiparasitaire terminée ni l’annonce d’une réouverture prochaine ne remplacent cette étape. Le document ne fixe pas une date de réouverture automatique.

Dans sa réponse à France 3 Franche-Comté publiée le 9 octobre, Buffalo Grill déclarait faire réaliser des contrôles mensuels par un prestataire externe et indiquait avoir engagé des interventions plus poussées contre les blattes. L’enseigne espérait rouvrir « très prochainement ». Cette réponse décrit sa position à cette date, pas une levée de l’arrêté. Les contrôles privés annoncés par l’entreprise et le constat exigé des services publics sont deux démarches distinctes. [3]
L’arrêté impose également son affichage sur la devanture jusqu’à la réalisation des mesures prescrites, constatée par la DDETSPP. Cette obligation rend la mesure visible pour le public pendant que les corrections attendues restent à établir par les services compétents. [1]







