Avril 2027 peut sembler très loin lorsqu’on cherche une boîte de furosémide. Mais cette date ne décrit pas la même chose qu’une indisponibilité dans votre pharmacie : elle concerne les prévisions d’un fabricant. Pour comprendre la situation, il faut séparer le calendrier de Viatris, celui de Zentiva et celui du marché dans son ensemble.

Le 6 octobre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé de fortes tensions sur les comprimés de furosémide de 20 et 40 mg, liées à des difficultés de production chez Viatris et Zentiva. Les autres fabricants compensent depuis plusieurs mois le défaut d’approvisionnement de Viatris. Des mesures visent maintenant à mettre davantage de boîtes en circulation et à mieux les répartir. [1]

Avril 2027 : un repère pour Viatris, pas pour toutes les boîtes

Viatris a informé l’ANSM que la normalisation de ses approvisionnements n’est pas attendue avant avril 2027. « Avant » est important : il ne s’agit pas d’une promesse de retour à la normale en avril. Et ce calendrier ne fixe pas la date de disponibilité des médicaments des autres laboratoires.

Zentiva a signalé plus récemment des difficultés temporaires de production, sans date de remise à disposition connue. À l’échelle du marché, l’ANSM indique une date indéterminée dans son information de disponibilité mise à jour le 28 septembre. Les repères se lisent donc séparément :

PérimètreCalendrier annoncé
ViatrisNormalisation pas attendue avant avril 2027. [1]
ZentivaDate de remise à disposition inconnue au 6 octobre. [1]
Marché dans son ensembleDate de remise à disposition indéterminée, dans la mise à jour du 28 septembre. [2]

Autrement dit, une difficulté chez un fabricant peut être partiellement compensée par les autres. Cette compensation est déjà engagée depuis plusieurs mois pour Viatris, mais l’arrivée des difficultés de Zentiva réduit à son tour les possibilités d’approvisionnement.

Furosémide en comprimés de 20 et 40 mg : normalisation Viatris pas attendue avant avril 2027, retour Zentiva inconnu et date globale indéterminée.
La date globale est indéterminée dans la mise à jour du 28 septembre. Les repères Viatris et Zentiva sont précisés le 6 octobre. [1] [2]

Pourquoi les grossistes-répartiteurs sont privilégiés

Pour augmenter les quantités disponibles, l’ANSM demande aux autres laboratoires de mettre en circulation le maximum de boîtes, notamment en puisant dans leurs stocks de sécurité. Ce sont des réserves que les fabricants sont invités à mobiliser pour soutenir l’approvisionnement. [1]

Le trajet des boîtes compte aussi. Une vente directe relie un laboratoire à une pharmacie. Le circuit des grossistes-répartiteurs passe par les intermédiaires qui approvisionnent les officines. L’ANSM demande de privilégier ce second circuit et de limiter les ventes directes, avec l’objectif d’une répartition équitable sur le territoire.

L’enjeu est donc double : faire sortir davantage de boîtes des réserves et organiser leur distribution. Cela ne donne toutefois ni une quantité disponible par commune, ni un délai de livraison pour chaque pharmacie.

Les exportations sont interdites, les importations restent à rechercher

Pour préserver les stocks destinés à la France, la vente et l’exportation de ces médicaments vers l’étranger par les grossistes-répartiteurs sont interdites. La mesure s’applique depuis la publication de l’information ANSM du 21 septembre et doit durer jusqu’à la remise à disposition normale du médicament. [2]

En parallèle, l’ANSM demande aux laboratoires en difficulté d’identifier des pistes d’importation de médicaments équivalents. Au 6 octobre, la demande porte sur la recherche de ces possibilités : elle n’annonce pas l’arrivée de lots de furosémide importés. [1]

La situation dépend aussi du circuit de soins. Dans sa mise à jour du 28 septembre, l’ANSM signalait une tension en ville et une situation non impactée à l’hôpital. Ce repère est daté : il ne garantit pas la disponibilité dans chaque établissement aujourd’hui.

L’approvisionnement et le choix du traitement ne se règlent pas de la même façon

Le furosémide aide le corps à éliminer un excès d’eau et de sel. Il est utilisé notamment pour des œdèmes liés à une insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale, ainsi que dans certaines situations d’hypertension. La décision de le poursuivre dépend donc de la maladie traitée et de votre situation, pas seulement du nom de la boîte. [1]

L’ANSM demande aux médecins de limiter les débuts de traitement et de réévaluer sa pertinence au renouvellement. Un autre diurétique peut être privilégié si cela est adapté au patient. Cette réévaluation concerne le prescripteur : elle ne propose pas au patient de choisir lui-même un remplacement.

Une hypertension et des œdèmes d’origine cardiaque ne posent pas exactement les mêmes questions de suivi. Même au sein des maladies du cœur, identifier la cause fait partie du bilan médical. Les tensions d’approvisionnement n’effacent pas ces différences entre patients.

Si vous prenez du furosémide, suivez les indications de votre médecin ou de votre pharmacien et demandez-leur conseil en cas de doute ou de difficulté pour obtenir votre traitement. Le calendrier industriel sert à comprendre les tensions nationales. La suite de votre prescription se décide avec les professionnels qui vous suivent. [3]