Robert Pfleghardt ne pensait pas qu’une grosseur près de son mamelon pouvait être un cancer du sein. Selon son témoignage rapporté par People, qui relaie SWNS, cet Américain a découvert la petite masse après une plaisanterie entre amis lors d’un séjour à Las Vegas, en 2021. Un pincement avait laissé une douleur, puis l’avait amené à toucher la zone. Il raconte avoir d’abord écarté l’idée de la maladie, parce qu’il croyait les hommes à l’abri. [1]
À l’occasion d’Octobre rose, son récit remet en lumière une difficulté très simple : on peut remarquer un changement sans penser au cancer du sein. Entre le moment où l’on sent quelque chose et celui où l’on en parle, cette méconnaissance peut peser sur le premier pas vers les soins.
Une maladie rare, pas une maladie impossible
Les hommes ont eux aussi du tissu mammaire, même si leurs seins sont moins développés. L’Institut national du cancer indique que moins de 1 % de tous les cancers du sein les concernent. Ce chiffre décrit la part masculine parmi les cancers du sein, pas le risque qu’aurait chaque homme de développer la maladie. [2]
La rareté aide à comprendre pourquoi cette possibilité vient moins spontanément à l’esprit.
Une modification du sein mérite aussi l’attention des hommes, sans attendre d’avoir la certitude qu’elle soit grave.
Le premier rendez-vous compte autant que le réflexe d’y penser
La Fondation cancer du sein du Québec souligne que, dans un contexte sans programme de dépistage masculin, les hommes sont souvent diagnostiqués à un âge et à un stade plus avancés que les femmes. La question ne se limite donc pas à repérer une boule : il faut aussi penser à la faire examiner. [3]
Le parcours de Robert Pfleghardt montre toutefois que l’hésitation initiale n’est pas toute l’histoire. Après avoir décidé de consulter, il rapporte une orientation rapide vers des examens, dont une mammographie. Au centre d’imagerie, on l’aurait même appelé « Madame Pfleghardt » plutôt que « Monsieur ». Cette scène, qu’il raconte avec étonnement, rend concrète l’impression de ne pas être le patient attendu.
Une mammographie peut pourtant faire partie du bilan d’un homme. Dans son récit, d’autres examens ont ensuite montré qu’un ganglion était atteint. Le geste utile reste de faire évaluer le changement, plutôt que d’essayer d’en deviner seul la cause.
Décrire ce qui a changé, même sans douleur
Une douleur a attiré l’attention dans ce témoignage, mais une masse peut être indolore. Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’elle fasse mal pour en parler. Un mamelon ou une peau qui se modifient peuvent aussi justifier une consultation.
Les changements à signaler comprennent notamment :
- une boule ou une enflure de la poitrine, avec ou sans douleur
- un écoulement ou un saignement du mamelon
- un mamelon récemment rentré vers l’intérieur
- une croûte, un eczéma persistant ou une plaie au niveau du sein ou du mamelon.
Ces signes peuvent avoir une cause bénigne. La Fondation conseille néanmoins de consulter sans tarder et sans attendre le prochain rendez-vous déjà prévu. Le professionnel peut examiner la poitrine, apprécier la situation et prescrire des examens si nécessaire. [3]
Pour commencer l’échange, vous pouvez simplement indiquer où se trouve le changement, depuis quand vous l’avez remarqué et ce qui a évolué. Vous n’avez pas besoin d’utiliser un terme médical, ni de réunir plusieurs signes pour que votre question soit entendue.

Une fois le diagnostic posé, des soins adaptés à la situation
Reconnaître que cette maladie existe chez les hommes ouvre aussi la discussion sur les soins. Beaucoup d’approches sont communes à celles utilisées chez les femmes, comme le rappelle la recommandation de l’ASCO publiée en 2020. Les connaissances spécifiques aux hommes restent moins solides, car les recommandations s’appuient notamment sur des études d’observation. [4]
Le traitement est choisi avec l’équipe selon les caractéristiques du cancer, l’état de santé et les préférences de la personne. Robert Pfleghardt raconte ainsi avoir été opéré en janvier 2022, puis avoir reçu une radiothérapie.
Il y a enfin la façon de vivre ce parcours : se retrouver dans un lieu que l’on associait aux femmes, attendre des résultats, poser des questions sur la suite. Pouvoir parler de ces inquiétudes fait partie de l’accompagnement. La peur après les traitements est une autre question, que des soutiens peuvent aider à traverser.
Pour les hommes aussi, Octobre rose peut être l’occasion de ne plus laisser une modification du sein sans avis. Si vous remarquez une boule, un écoulement ou un changement du mamelon ou de la peau, prenez contact avec un professionnel de santé. La consultation permet de chercher ce qui se passe, sans présumer que ce soit un cancer.







